Fralib : Sauver un patrimoine local
François Hollande s’est rendu le 24 février à la bourse du travail pour assister à un meeting de soutien aux salariés de Fralib. 182 emplois sont menacés après l’annonce du groupe Unilever de fermer le site de Gémenos dans les Bouches-du-Rhône. Le candidat a de nouveau appelé à l’organisation d’une table ronde entre les dirigeants, l’Etat et les salariés, et appuyé le projet alternatif qu’ils proposent.
>> Rappel de la situation
Le 28 septembre 2010, le groupe Unilever a annoncé sa décision de fermer définitivement Fralib, à Gémenos dans les Bouches du Rhône, entrainant ainsi le licenciement de 182 employés sans compter les autres emplois induits.
Une décision très étonnante quand le site enregistrait un résultat net de 4,5 milliards d’euros en 2010, en hausse de 26% par rapport à l’année précédente.
Depuis, les salariés licenciés ont entamé une lutte pour maintenir leur usine et leurs emplois. Et élaboré un projet alternatif de reprise. Ils demandent à Unilever de renoncer aux licenciements et de favoriser la poursuite de leurs activités. Pour ce faire, ils proposent au groupe Unilever de leur céder gratuitement la marque et les machines, ainsi qu’un engagement financier nécessaire à l’alimentation du fond de roulement qui permettra d’engager la production.
Mais le groupe reste sourd à leur demande.
>> Un savoir-faire qui risque de disparaître
Fralib, entité d’Unilever, est la seule entreprise nationale de conditionnement des thé et d’infusions Eléphant. Et la France est le premier marché d’Unilever en Europe.
La fermeture du site provoquerait la perte d’un savoir-faire unique dans le pays et reconnu depuis plus d’un siècle à l’échelle régionale comme nationale. Elle aboutirait enfin à la fragilisation des territoires alentours à Gémenos et à l’aggravation de la désindustrialisation du pays.
>> François Hollande et les socialistes sont impliqués
« Il faut que cette marque qui est la vôtre puisse être cédée gratuitement » (24 février)
Depuis septembre 2011, les salariés licenciés ont choisi de bloquer l’usine. Le candidat les a rencontrés et s’est prononcé en faveur de leur projet de reprise, dès août 2011,
- 22 août 2011 : François Hollande s'est rendu lundi 22 août 2011 sur le site de l'usine Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône) où il a été reçu par les salariés et les représentants syndicaux. A cette date déjà, il se dit prêt à participer à une table ronde pour convaincre Unilever.
« Si l'on ne croit pas à la pression politique, alors arrêtons de faire de la politique, ne nous présentons pas aux suffrages. Il faut que la gauche soit imaginative sur ses solutions industrielles, sans pour autant qu'elle verse dans l'illusion ou dans les faux espoirs ». (22 août 2011)
- Septembre 2011 : Envoi d’un courrier aux ministres de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, du Travail, de l’Emploi et de la Santé, ainsi qu’au ministre de l’Agriculture. Sans réponse.
- Automne 2011 : Envoi d’un courrier au président directeur général d’Unilever, M. Bruno Witvoet, demandant la prise en compte du projet des salariés et l’organisation d’une table ronde avec les ministres concernés, les représentants des salariés et les collectivités territoriales. Sans réponse.
- Novembre 2011 : Envoi d’un courrier au Premier ministre François Fillon pour le solliciter sur l’organisation d’une table ronde.