Le point - À Vincennes, la démonstration de force de Hollande
Près de 100 000 partisans du candidat socialiste sont présents sur l'esplanade du château de Vincennes, affirme le PS.
Une "démonstration de force" pour "galvaniser" les troupes". Sur l'esplanade du château de Vincennes, noire de monde dimanche en début d'après-midi, les partisans de François Hollande se montraient optimistes à une semaine du premier tour. Ils s'amassaient autour d'une grande scène digne d'un podium de rock-star où le candidat socialiste a commencé à s'exprimer peu avant 16 heures. Une heure avant son discours, l'esplanade continuait à se remplir d'un flot continu de militants et sympathisants, malgré un temps froid et venté. Le PS attendait entre 30 000 et 50 000 personnes. Mais, peu avant 15 heures, la porte-parole Najat Vallaud-Balkacem a lancé : "Vous êtes plus de 100 000."
Un chiffre invérifiable. D'autant que la préfecture de police a prévenu qu'elle ne ferait pas de comptage. Dès midi, dans une ambiance festive et bon enfant, les partisans du candidat, souvent en famille, avaient envahi les allées des abords du château, couvertes de pétales roses de prunus. Certains s'étaient installés pour pique-niquer. D'autres, parfois parés du coupe-vent rouge "François Hollande 2012", se massaient auprès du podium pour avoir la meilleure place, se dandidant aux sons du groupe Paris Bal rock ou de Jacob Desvarieux, leader du groupe de zouk Kassav, venus chauffer l'ambiance. Aux premiers rangs, on pouvait voir comme une mer de fanions blancs au slogan du candidat ou roses et arc-en-ciel des jeunes socialistes.
"Recase-toi, pauv' M. le président"
Parmi eux, Sonia Piazza, 59 ans, partie dès potron-minet "en train avec des copains" de la Seyne-sur-Mer (Var), explique sa venue : "Certains vont voir le pape à Rome. Moi je viens voir mon pape." Cette militante socialiste, qui va faire du porte-à-porte pendant la dernière semaine restante avant le 22 avril pour mobiliser les électeurs, ne cherche pas à se "regonfler, parce que je suis gonflée à bloc, mais un meeting comme ça, ça galvanise !", s'exclame-t-elle. Dans la foule, un homme vêtu d'un tee.shirt bardé d'un "normal", clin d'oeil aux débuts de campagne du député de Corrèze, déambule. Un peu loin, un autre arbore un pull proclamant "recase-toi, pauv' M. le président", allusion à une phrase prononcée par le président-candidat UMP.
Sarah Pecas, 31 ans, venue avec son compagnon et deux enfants de 18 mois et 5 ans, de Reims, simple sympathisante, a expliqué vouloir "assister à ce meeting pour reprendre des forces". Militante, Marisol Corral, 51 ans "va plus que jamais continuer à faire campagne contre l'abstention, car 30 %, c'est énorme". Samy Redjem-Chibane, 23 ans, étudiant, relève : "Ce n'est jamais gagné d'avance, si on se souvient de 2002." Son objectif : "éviter que Sarkozy soit premier" le 22 avril.
"Acmé de la mobilisation" (Thomas Hollande)
Au stand des gadgets de campagne, à côté des "60 engagements" de François Hollande, des protections de smartphone à son effigie, des badges et magnets au slogan "H is for Hope" ou encore des porte-clés titrant "le 22 avril, je vote Français Hollande". Thomas Hollande, fils aîné du candidat, a assuré que ce rendez-vous devait être "l'acmé de la mobilisation". Une vaste scène couverte de 600 mètres carrés, décorée de fanions multicolores "c'est maintenant" (le slogan du candidat, ndlr), avait été dressée, sur laquelle devait être érigé un drapeau tricolore de 60 mètres sur 4. L'évènement, auquel assistent de nombreuses personnalités et vedettes dont Jacques Higelin, Cali et Jane Birkin, est couvert par 500 journalistes, dont de nombreux médias étrangers.
À l'issue du meeting, quelque 250 cars devaient repartir chargés de 200 000 tracts et affiches pour la dernière ligne droite avant le premier tour.